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Plus d'abondance et de diversité des insectes pollinisateurs pour de meilleurs rendements

Date de publication 18/10/2016

C'est le résultat d'un grand programme de recherche co-signé par l'INRA d'Avignon et coordonné sur plusieurs continents (Afrique, Asie et Amérique Latine) durant 5 années (2010 à 2014), sur 33 cultures (café, colza, pommier, tournesol, …) et 344 champs. Pour chaque culture, il a été déterminé un rendement atteignable (le 10ème percentile des rendements les plus élevés observés atteint sur une dizaine de parcelles) et un rendement faible (le 10ème percentile des rendements les plus faibles observés).

Il a été ainsi calculé pour les cultures étudiées une marge moyenne de rendement de 53 % (soit par exemple, pour un rendement atteignable de 5 tonnes/ha, une marge moyenne de 2,65 tonnes/ha). Dans chaque champ, les insectes pollinisateurs ont été déterminés et comptés. Le résultat est que la densité des pollinisateurs est le premier facteur explicatif du rendement, devant le niveau d'intensification, l'isolement de la parcelle, la distance aux habitats semi-naturels, la taille de la parcelle.

Au final, la densité en insectes pollinisateurs seule pourrait permettre en moyenne de gagner 31 % de cette marge de rendement dans les petits parcelles (inférieurs à 2 ha) alors que dans les grandes parcelles (supérieures à 2 ha) la diversité des pollinisateurs (au moins 3 espèces différentes) est aussi nécessaire.

Pour les cultures pollinisées par les insectes, les pollinisateurs sont donc un facteur majeur de production à côté des autres facteurs comme les engrais, l'irrigation ou les semences.

L'enjeu est d'autant plus fort que sur la planète, les cultures pollinisées par les insectes se développent plus vite que les autres types de culture et aussi que le cheptel de colonies d'abeilles domestiques. De plus les produits issus  de ces plantes sont beaucoup plus riches en micronutriments.  Maintenir et accroître les populations de pollinisateurs sauvages est donc devenu un enjeu majeur.

La densité d'insectes  pollinisateurs a varié en moyenne de 2,5 à 5,5 visites pour 100 fleurs en comptage instantané (soit une différence de 50 %) entre la classe des rendements les plus faibles et celle des rendements les plus élevés avec une relation linéaire entre le nombre de fleurs visitées et l'accroissement du rendement.

Cette étude a montré que la diversité de la faune pollinisatrice, qui a varié de 1 à 11 dans cette étude, était largement influencée par la taille de la parcelle.  Elle a montré aussi les effets synergiques de la présence de différentes espèces d'insectes pollinisateurs et en particulier des pollinisateurs sauvages qui viennent compléter l'action des abeilles domestiques.

Parmi les actions proposées pour améliorer la présence de pollinisateurs : la mise en place de bandes fleuries, la plantation de haies et autres habitats semis-naturels, et une meilleure utilisation des pesticides.

Dommage que l'Europe n'est pas été concernée par cette étude à l'exception de la Norvège (le pays financeur), mais les résultats obtenus dans ce pays sont cohérents avec ceux obtenus partout ailleurs.1

Références

1 Mutually beneficial pollinator diversity and crop yield outcomes in small and large farms. Science 351(6271): 388-391., http://science.sciencemag.org/[...]

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